1. Ouverture et fermeture face à l'étranger

1919
Die Schweiz den
Schweizern

Un homme repousse par l'épée les attaques d'une créature menaçante pourvue de serres crochues et de deux têtes crachant un mince filet de fumée noire. En arrière-plan figure la trame du drapeau helvétique sur laquelle on peut distinguer sur la partie inférieure gauche une ville en feu, ainsi que sur la droite un homme et un cheval labourant un champ. Clamant La Suisse aux Suisses, l'affiche sollicite la figure du Waldstätten combattant l'envahisseur étranger, ici très certainement communiste. Elle dépeint les conséquences qu'aurait à subir la Suisse si celle-ci ne s'avérait pas préservée de cette menace.
2. Economie et démographie

1974
Et après?

L’esthétique dépouillée de l’affiche et les traces de pas s’éloignant de son centre évoquent les départs qu’induirait une acceptation de l’initiative de l’Action nationale. Ne reste que l’interrogation exprimée en rouge: et après ? Elle pose ouvertement la question des conséquences d’une réduction drastique du nombre d’immigrés, pour un pays dont la rapide croissance d’après-guerre a été soutenue pendant trois décennies par une immigration massive. Cette interrogation est au coeur de la rhétorique des opposants à un plafonnement numérique rigide.
3. Droits humains

1996
Pourquoi tant
de haine

Entourant une foule, le texte condamne l’initiative « contre l’immigration clandestine » et souligne le caractère répétitif des différentes attaques lancées contre la population immigrée en Suisse. Les visages montrent des signes de mécontentement et d’énervement. Leurs regards sont orientés vers un personnage dans le coin inférieur droit de l’image. Il est le seul dont la peau est foncée et représente l’immigrant vers lequel sont dirigés les griefs des autres individus. Parmi eux, seul un homme s’exclame, s’indignant de la haine adressée à l’égard des étrangers.
4. Diversité culturelle

2004
Naturalisations
en masse?

L’UDC s’oppose à une libéralisation de l’accès à la citoyenneté, synonyme de naturalisations en masse . Celles-ci sont mises en image par le biais de mains saisissant avec avidité des passeports helvétiques mis à leur libre disposition. La dimension « étrangère » des mains est soulignée par leurs couleurs, plus ou moins foncées, qui suggèrent une provenance éloignée des personnes demandant la naturalisation. Le sentiment de danger émanant de cette illustration est le résultat de l’absence de visages, qui a un effet de dépersonnalisation et d’anonymat et qui évoque la perte de tout contrôle sur l’octroi de la citoyenneté.